Franchise : Les apports de la décision de la Cour de cassation 2025

La franchise fait régulièrement l’objet de litiges devant les juridictions françaises.
La décision de la Cour de cassation du 19 mars 2025 apporte un éclairage important sur la liberté du franchisé et le périmètre des obligations de loyauté et de non-concurrence dans le cadre d’un contrat de franchise.
Franchisé : préparer un projet concurrent, est-ce possible ?
Selon cette décision, le franchisé peut accomplir des actes préparatoires à une activité concurrente pendant l’exécution de son contrat, sans pour autant enfreindre la clause de non-concurrence ou l’obligation de loyauté, à condition que la nouvelle activité ne démarre qu’après la fin du contrat et du délai de non-concurrence. Cela marque une frontière claire entre prendre des dispositions pour l’avenir professionnel et commettre un acte de concurrence illicite.
Implications pour les contrats de franchise
Cette jurisprudence renforce la sécurité juridique du franchisé : il bénéficie d’une vraie liberté d’anticipation de son avenir professionnel tant qu’il respecte les délais contractuels. Du côté du franchiseur, la décision rappelle la nécessité de rédiger avec soin la clause de non-concurrence, proportionnée (en durée, zone géographique, secteur). Les juges sanctionnent ainsi toute clause excessive ou non justifiée.
Les points de vigilance en 2025
- La clause de non-concurrence doit être strictement limitée et justifiée par l’intérêt du réseau.
- Le franchiseur ne peut pas empêcher le franchisé de réfléchir ou préparer un futur projet : la simple intention n’est pas constitutive d’une faute.
- Seule l’exercice effectif d’une activité concurrente pendant le contrat ou la violation des clauses post-contractuelles engage la responsabilité du franchisé.
Ce que doivent retenir les professionnels de la franchise
Pour les réseaux de franchise, cette actualité impose :
- D’adapter les contrats à la jurisprudence récente.
- De privilégier l’équilibre entre la protection du savoir-faire et la liberté entrepreneuriale.
- De veiller à la rédaction claire et proportionnée de toutes les clauses restrictives de liberté.
Lien vers la décision de la Cour d’appel de Paris, 24 septembre 2025, RG n° 23/19339



